Il y a des jours...

Publié le par Birdy

Il y a des jours ou…


La sonnerie du réveil comme un cri tonitruant à portée d’oreille, vient m’arracher sans ménagement à la douceur d’un rêve sucré au goût de miel.

Le point rageur déjà…je me retourne pour ne plus entendre par n’importe quel moyen cette provocation sonore, la lampe de chevet s’écroule, foudroyée… et cette alarme toujours aussi appliquée à me dire « qu’il est l’heure… » …seconde tentative… le réveil glisse par terre, explose en plein vol, se tait enfin.. et comme une dernière provocation, les piles viennent rouler dans un élan commun, sous le lit tout au fond de l’inattrapable…

Là…déjà, j’entrevoie les prémices d’un jour compliqué…

Debout depuis 5’, avec l’impression terrifiante, que non seulement mon capital énergie a oublié de se recharger pendant la nuit, mais que malheureusement celui de mon agressivité a déjà les voyants en zone rouge…

Heureusement ce matin, je suis seul, face à mon petit déjeuner comme un ami bienveillant, il y avait bien le coup de la biscotte qui me craque dans les doigts pour venir, se répandre côté beurre sur le carrelage tout propre de la veille…mais ça allait passer…

Et bien non…une savonnette qui s’évertue à nettoyer beaucoup plus le fond de la baignoire que ma trogne mal réveillée, une lame de rasoir pour me vampiriser le cou…je viens de comprendre…rien ne sera facile aujourd’hui.

 

Il y des jours comme ça…


Je me glisse alors dans le doux confort de mon bolide préféré, afin d’aller assumer ma charge (le mot n’est pas faible…) quotidienne de labeur…

Et hop, j’embraie, et un, et deux , et trois et….surtout le zéro que je deviens, quand un bras d’honneur et un majeur au ciel plus loin, je me transforme en ce « mono-neurone » de base que l’on trouve fréquemment dans les tribunes vomissant de mal être et de haine, des stades aux odeurs frelatés d’arène de cirque…

J’ai que des ennemis dans mon rétroviseur, j’appuie sur la gâchette accélérateur…qué malor…

Mais comment un tas de tôle basique peut-il modifier le comportement du pingouin moyen que je suis…ni bon, ni plus mauvais qu’un autre…et si j’étais le seul….

Bien sur dans ces matins là…la nuit tarde à se lever…bien sur, il pleut…l’autoroute du soleil …soit disant… mais il doit faire grève… pendant que déblatère une voix nasillarde annonçant que le signe du cancer, devra profiter de sa lune en saturne et de la protection de Cupidon…les infos…toujours pareilles avec son lot déversé de catastrophes en tous genres, son CAC 40 dépressif, ses financiers ruinés que l’on croise pourtant encore et toujours dans la baie de St Tropez, sur le ponton de leur yacht…on finirait presque par s’y habituer…presque…

 

Il y a des jours comme ça et pourtant…


Bolide déposé, garé, je redeviens humain…pour huit heures de dialogue avec mon écran préféré, malheureusement l’outil informatique à déceler le « mec stressé pas bien dans son cartable… » et ne lui offre pas l’accès, « mot de passe invalide…réessayer », « encore »… « attention il ne vous reste plus qu’une fois »… et bing…appeler le service informatique, et bang se faire incendier…putain de journée…

Même pas le midi pour décompresser, la bande de joyeux lurons habituels s’est volatilisée…je me retrouve seul enfin presque… me voilà branché à un de ces cadres tout frais pondu, insupportable, qui conjugue « vivre » avec rentabilité, mondialisation, optimisation des performances, j’avais tellement envie, de poésie…de nature…d’évasion…de contempler l’infini beauté des choses…dessine moi un mouton…

 

Il y a des jours comme ça et pourtant ce soir…j’ai rendez-vous avec elles…


Je retourne au combat…la tête truffé d’un discours formaté, insipide, tellement éloigné de mes envies…sonné, un peu comme le boxeur piqué au foie, dans les cordes, attendant la fin du round et de ses souffrances.

Comme dirait une chanteuse à couettes des années 60, dans ces moments là, l’heure de la sortie c’est le meilleur moment de la journée…

Je me traîne à nouveau dans mon bolide fendant l’air…elle ne dépasse pas pas le 80 ma traction… vu que d’entrée je m’empale sur le bouchon de trop…pas le petit…sympathique…le fluide…mais plutôt le maousse costaud, digne de sonner l’éveil d’un Bison Futé…à trop pousser le bouchon…

Enfin le retour « at home » …vidé, l’énergie dans les chaussettes…mais pourtant… je sais qu’elles sont là…elles m’attendent…je les désire tellement…

Je n’ai pu les chasser de ma boîte à neurones durant toute la journée…elles étaient ma bulle d’air … mon cordon … mon espoir d’un mieux être…

Fébrilement, sans réfléchir, laissant parler mon instinct je me déshabille…pour m’offrir ma tenue de lumière et venir me glisser en elles…mes Adidas Boston…belles, rouges, flamboyantes…

Elles sont là à mes pieds, rutilantes d’envie d’en découdre…de m’offrir un autre monde…tellement plus doux… tellement plus beau … tellement plus humain…

Et une, et deux et trois foulées…la magie va-t-elle encore une fois opérer?

Bien sur les premiers mètres pour me rappeler tous les muscles de mon corps…mais tout juste un peu plus loin l’alchimie se met en place pour transformer ma « sale fatigue » en un état bien différent et tellement plus agréable.

Bien sur il fait nuit et il pleut, comme ce matin…mais la pluie glisse sur mon visage comme une caresse, la lune pleine, belle, m’offre l’éclat de sa lumière…c’est l’heure ou l’on tutoie les nuages ou l’on file vers d’autres paysages… profites de l’instant il ne durera pas toujours …comme l’écrit l’arlequin des mots au grand corps malade, mais à la poésie si subtile.

Je déroule ma partition au gré de l’asphalte…une à une les barrières qui m’empêchaient de tendre la main, de m’ouvrir vers demain, tombent…je n’ai plus d’ennemis dans mon rétroviseur…un bus freine pour m’offrir le passage, j’irai presque embrasser le chauffeur…

Il suffit de tellement peu de chose parfois, d’une once de tolérance, d’un sourire, pour que tout devienne plus simple…

Je veux redécouvrir ce que je ne pouvais plus voir…

Au gré d’une poignée de minutes plus tard, je me laisse envahir par la douceur voluptueuse d’endomorphine, ma compagne préférée, je ne cours plus, je vole… bien sur, elle n’est pas toujours au rendez-vous mais ce soir, elle est là… je la savoure… encore et encore… les quelques secondes qui échappent à l’espace temps…plus de chrono…plus rien…juste être bien.

Je ne résiste pas au plaisir de donner à mon corps l’occasion de me prouver combien il est vivant, et quelle chance j’ai de pouvoir dévorer cette cote avec autant d’appétit…et d’envie.

C’est le cœur affolé, au bord des lèvres que j’avale le sommet…pour recevoir, tout en haut, le plus beau des cadeaux…le sourire complice d’une délicieuse amazone de ma tribu des dévoreurs de bitume, moulée au plus près dans son Lycra de déesse…perdue comme moi, au milieu de la nuit…instant furtif, mais ô combien agréable…

J’emporte son sourire dans mes quelques foulées à venir…

Je m’offre une dernière fois les lumières de la ville, paisible, serein… l’alchimie a encore une fois fonctionné…

La lune m’accompagne au bout de mon chemin pleine, belle…

Mon refuge me tend les bras, je me love délicatement au fond de mon nid de coton, à la poursuite de mes rêves sucrés au goût de miel…

 

Il y a des jours comme ça…ou rien n’est perdu d’avance !

Publié dans Billet d'humeur

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M
eh bien !!!<br /> les articles sont brillants mais ...rare !<br /> tu ne verras même pas que je t'ai " taggué" ( il parait que ça s'appelle comme ça pur 7 objets jaunes et le choix de 7 " victimes "....<br /> alors reviens vite mettre un peu d'animation sur ce blog : on s'ennuie !
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M
il est des jours merveilleux où le poète disparu réapparait et c'est la magie des mots qui scintillent comme des milliers d' étoiles pour éclairer les nuits trop sombres
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